Le Philosophe et les passions

Le Philosophe et les passions

Michel Meyer

Language: French

Pages: 329

ISBN: 2253056235

Format: PDF / Kindle (mobi) / ePub


Cet ouvrage fut publié il y a quinze ans et est devenu un "classique". Comment peut-on harmoniser passion et raison sans sacrifier l'une à l'autre ? Au-delà d'une vaste fresque historique, l'auteur examine tous les dilemmes que suscite la passion. Aveugle-t-elle les hommes au point d'empêcher la raison ou est-elle ce qui fait que la raison est pleinement humaine ? Tel est l'objet de ce livre précurseur à l'époque, dans lequel l'auteur y développe une véritable anthropologie de la passion.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

équilibre quand il y a du déséquilibre, ou qui déplace celui-ci pour éviter de payer un coût qui serait supérieur. La passion rééquilibre le système psychique, elle régule le rapport du réel en l’intégrant. Par la colère, le mépris, ou alors, l’amour et la joie, par exemple, l’homme se conforte – ou se réconforte – dans ses jugements, il se confirme et se vérifie. S’il est amené à réfléchir ce qu’il éprouve – autre façon de penser et de sentir – il prend alors un point de vue de survol sur la

propositionnelle avait mises à l’écart ou dévalorisées comme inessentielles. La passion est ce qui permet de perdre de vue sa propre Histoire – donc de s’en constituer une – de s’imaginer sa perspective personnelle comme personnelle, et de se considérer comme relevant d’une communauté transhistorique, comme marqué seulement par la coprésence. Cette fixité assure aux hommes d’une même époque un sens commun, sinon une morale commune, issue de l’inconscience du point de vue d’où l’on parle comme

passionnelles La rationalité prépositionnelle correspond à une raison que l’on a ou que l’on n’a pas, mais que l’on voit mal comment acquérir. Souvenons-nous d’une des premières interrogations de ce livre : Comment devient-on philosophe ? La question s’était posée à propos de Platon. La passion interdisait la raison d’advenir, mais seul celui qui la possédait déjà pouvait tenir un tel propos. La passion rive les hommes à leur condition, et au-dessus, on trouve le philosophe, l’homme d’exception

derrière l’éclatement et la dispersion de l’être, on retrouve son unité nécessaire. Mais la contradiction demeure. Platon ne voulait connaître que la nécessité. C’était bien sûr tout aussi contradictoire, car la multiplicité des essences, certes toutes nécessaires, n’est pas elle-même une essence, et si elle l’est, on se retrouve renvoyé à l’infini. La solution d’Aristote, qui consiste à vouloir articuler l’unité de ce qui est sur les différentes formes qui peuvent être, est donc un acte de

mal qui pourrait malgré tout survenir semble lointain, et n’inspire que la crainte qu’il survienne. Tandis que le mal trop proche exige une réaction plus violente, ici le courage, on désespère du bien corrélatif, presque hors de portée. Les flèches croisées représentent, elles, la dynamisation des passions. En soi, l’espoir s’oppose bien à la crainte en ce qu’espérer un bien est fuir un mal, mais cela impliquera du courage s’il se rapproche. De même, la crainte d’un mal encore lointain, et que

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